Après des guerres séculaires, les peuples d'Initium s'accordent enfin une paix relative. Pourtant, tapie dans l'ombre, une menace pèse ...
 
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 Recueil de Thalek (divers)

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Thalek Eosil
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MessageSujet: Recueil de Thalek (divers)   Mer 10 Oct - 22:04

Introduction


Bon, j'inaugure cette sous-partie !
Je vais vous poster ici mes écrits aussi divers soient-ils. Mais ne vous attendez pas à un post par semaine. Ce sont des travaux scolaire, donc pas de mon initiative personnelle.
À vrai dire, je les poste surtout par vanité (n_n) étant donné les notes relativement bonne que j'ai récolté avec (par déduction vous aurez deviné que la matière est...*soupir* Non Mumu, pas la physique, le français !)

Au programme pour commencer, une nouvelle, quelques poèmes, et si je trouve le temps de la retranscrire sur ordi, une dissertation récente (non, peut être pas en fait...oh et puis si, soyons fous...)

Voilà, bonne lecture !

Citation :
Note : je demanderai au gens peu scrupuleux d'essayer de faire un effort et d'éviter de copier ces textes. Je sais que je n'ai aucun pouvoir sur eux maintenant, mais d'un point de vue "éthique" je ne trouverais pas ça correct.
Merci


Dernière édition par le Mer 10 Oct - 22:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Recueil de Thalek (divers)   Mer 10 Oct - 22:08

Voilà donc la nouvelle, écrite comme demandé à la manière de Zola. Elle date de l'année dernière, j'étais en seconde (et j'ai eut 17 !!!)

Sans titre.

~~~~~~~~~~~~~


Paris, 1900. En ce quatorze avril, une légère brume s’était abattue sur la ville. Pierre était réveillé depuis une heure, déjà. Il portait un costume trois pièces pour l’occasion. Une légère redingote par-dessus un justaucorps blanc habillait cet homme d’une trentaine d’années. Le visage gris et fatigué, il faisait plus que son âge. Les lambeaux de jeunesse, qu’il tentait de retenir, s’envolaient de plus en plus vite. Il n’avait cependant pas l’embonpoint des hommes d’âge mûr qui gagnent bien leur vie.
Il était accoudé à sa fenêtre regardant Paris s’éveiller au premier jour de l’exposition. On leur avait promis quelque chose d’exceptionnel, et cela devrait sûrement l’être. Sous ce ciel encore rose, les cheminées commençaient à cracher leur nuage noir. Pierre toussa et se recula en flairant cette odeur nauséabonde. En effet, son salaire ne lui permettait pas de vivre plus bas que le cinquième étage, dans une petite chambre équipée du strict nécessaire. Les murs blancs étaient maintenant jaunis par l’humidité qui avait craquelé la peinture. Le pauvre petit poêle arrivait à peine à chauffer la pièce et l’on voyait parfois une légère fumée en sortir, signe d’une fin proche. Le seul avantage pour Pierre de vivre au dernier étage était la vue imprenable sur la Seine et le site de l’exposition. Sa petite fenêtre rectangulaire était en face de la Dame de Fer. On fêtait son onzième anniversaire, bien que certaines de ses connaissances n’attendaient que le jour de sa démolition.
Après avoir mis son chapeau melon, Pierre descendit les six étages de son immeuble et continua à grand pas vers le Palais de l’Electricité. Il passa près du Palais du Trocadéro, majestueux édifice de pierre rouge en demi-disque. À l’intérieur se trouvaient principalement des personnes fort âgées qui se remémoraient leurs souvenirs en regardant des maquettes. Pierre acheta son billet et traversa le pont Alexandre III. Il était fier car il était l’un des premiers à le franchir. À en croire les dires des journaux, il aurait été construit en l’honneur de l’amitié franco-russe. C’était le plus impressionnant des ponts de Paris, avec ses dorures et ses multiples sculptures, ciselées dans les moindres détails. Des angelots lui souriaient à chaque lampadaire, l’éblouissant de leurs reflets dorés. Pierre passa sous la voûte aérée de la Tour Eiffel, dont le métal avait été verni pour la circonstance. Il y avait déjà foule à ses pieds et on se pressait pour rentrer et monter les marches, et ainsi profiter de cette journée si spéciale, bien plus que celles qui suivraient.
Pierre s’engagea ensuite sur le champ de Mars. De nombreux édifices avaient été construits autour. L’architecture assez moderne, mêlant pierre et fer, était une innovation. À l’horizon du champ de Mars, derrière de multiples jets d’eau, se dressait le Palais de l’Electricité, petit bijou de technologie. Pierre y avait travaillé dur. L’exploit était à relever, un palais entier à illuminer, de l’extérieur et de l’intérieur. Il monta les marches, assez anxieux par ce qu’il allait voir. Il salua quelques dames, vêtues de robes blanches et de chapeaux extravagants. Les femmes aiment qu’on les remarque, ce qui leur réussit assez bien. À l’entrée du palais, un drap noir obscurcissait l’entrée. S’en suivait un long couloir avec des photos prises pendant le chantier. Pierre ne voulait pas prendre le chemin le plus long. Aussi, à l’abri des regards, il ouvrit une porte de service qui donnait directement dans le grand hall.

Quelle ne fut pas sa surprise ! Lui qui aurait tant voulu rester discret fut projeté à l’avant de la scène. Quelques flashs de magnésium l’éblouirent et des journalistes l’assiégèrent, lui posant diverses questions. À celles-ci il ne répondit rien, encore trop choqué par l’accueil. Alors, un homme corpulent vint en sa direction et fit partir les journalistes comme des mouches. Il prit Pierre par le bras et l’emmena loin de la foule.

« Mes félicitations Mr D. Votre œuvre est magnifique. Ce sera l’étoile de l’Exposition. Venez, nous allons allumer les lumières. »

Sans lui laisser le temps de répondre, il l’emmena à la loge technique, en haut d’escaliers interminables. Là-haut sur une plate forme visible de tous, se trouvait l’interrupteur, le seul et unique interrupteur, celui qui allumait toute les lumières. La question avait été étudiée pendant des mois et des mois. En effet, illuminer d’un coup tout un bâtiment relevait de l’exploit. Il fallait à tout prix éviter la panne nationale. Mais le moment n’était pas venu pour Pierre d’appuyer sur ce bouton. Il se rendit dans la loge où un technicien des lumières se trouvait, attablé à une table recouverte de boutons. Pierre ne connaissait même pas la moitié des usages de ces boutons. Certains clignotaient, les une s’allumaient, les autres s’éteignaient d’eux même. Ils régissaient les autres attractions du palais et la machinerie. Pierre appuya sur l’un d’eux. En bas, une grande porte s’ouvrit, laissant voir les diverses curiosités lumineuses. La foule s’engouffra, avide de voir le prodige. Pierre laissa le technicien mettre en marche le reste et redescendit les marches, toujours accompagné de l’homme. Arrivé en bas des marches, Pierre se dirigea vers la grande porte. Il n’était pas curieux de nature, et ce qui se trouvait dans ce bâtiment, il le connaissait par cœur. Cependant, il avait hâte de voir le travail accompli dans toute sa splendeur.
Diverses activités avaient été mises en place. Une petite salle sombre accueillait un musée des automates, habillés pour l’occasion de costumes de lumières. Des manèges colorés amusaient petits et grands ; leur musique retentissant dans tout l’espace. D‘autres curiosités étaient visibles au fil de la visite. Pierre regarda au plafond et sourit de soulagement. La verrière avait enfin été posée. En effet, avec la construction du Grand Palais, la majorité des poseurs de verre étaient indisponibles. Ils avaient commencés tard et Pierre avait peur qu’ils n’aient pas fini. Il vérifia ensuite, dans une petite salle, le bon fonctionnement de la machinerie. C’était une vraie étuve, Pierre ne resta pas longtemps. Le bruit des roues, des engrenages et de la vapeur l’assourdissait. Tout fonctionnait donc à merveille.
Après s’être assuré du bon fonctionnement des dispositifs, Pierre décida de partir se promener dans l’Exposition. Il sortit du Palais de l’Electricité. Les différents Palais le long du Champ de Mars ne l’intéressaient pas. Leur aspect morne et triste l’ennuyait au plus au point. Il voulait voir ce que présentaient les autres pays. Il visita donc le palais japonais, où l’on pouvait admirer l’architecture typique, qui ressemblait à une sorte de sapin carré. Cela l’amusa beaucoup. Des jeunes femmes à la peau blanches et habillées de robes de soie lui offrirent des morceaux de poisson cru, qu’il eut bien du mal à avaler. C’était la diversité des origines qui était le coeur de l’Exposition. Il partit ensuite au Palais de la Belgique, où il mangea trop de chocolats. Les chocolatiers riaient et lui aussi, malgré ses crampes d’estomac. Il perdit un temps fou à l’infirmerie. Le médecin voulait le garder, mais Pierre n’était pas de cet avis, il n’avait pas de temps à perdre. Après cet épisode, il s’était retrouvé bien loin du Palais de l’Electricité. Il traversa le trottoir roulant. C’était une innovation. Les gens se pressaient pour pouvoir mettre le pied dessus. Certains tombaient, d’autres chancelaient, le sourire aux lèvres. Une femme tomba et fut prise d’un fou rire alors que sa fille commençait à pleurer. Pierre posa le pied sur le tapis et avança sans problème. Il avait pu le tester avant tout le monde lors d’une soirée organisée pour le personnel, quelques jours auparavant. Le trottoir était divisé en trois parties, avançant à diverses vitesses. Pierre prit le plus rapide. Arrivé au bout, un centaine de mètres plus loin, une petite arche apparut. Elle était toute verte et on pouvait lire « Métropolitain » dessus. Les yeux de Pierre brillèrent. Les travaux du métropolitain étaient restés inaccessibles aux autres ouvriers. Tout excité, il descendit les marches et se retrouva sur un quai. La foule était omniprésente et ne laissait pas de place pour qui que ce fut. Ici encore, l’électricité était de mise. Les trains, il le savait, étaient à traction électrique, une première en Europe. Il avait déjà entendu parler du métro de Londres, puis de celui d’Istanbul, et attendait impatiemment celui de Paris.
Le train arriva enfin. Pierre entra et se plaça dans un coin pour ne pas être trop dérangé. Il avait pu lire sur le flanc lustré de la voiture « Série 100 ». Le wagon ressemblait à celui d’un tramway. Il n’était pas très grand et peu confortable. De plus, le train bringueballait dans tous les sens et faisait un bruit horrible. À la station suivante, Pierre sortit, préférant continuer à pieds. Après cette petite promenade de santé, il aperçut la prestigieuse verrière du Grand Palais. Il accéléra le pas, ne voulant rater cela pour rien au monde. Déjà le ciel sans nuages prenait des couleurs roses. La teinte du ciel colorait la verrière, lui donnant l’aspect d’être en feu. Il entra dans l’immense bâtiment, le plus grand de l’Exposition, et leva immédiatement la tête vers cette merveille d’art architectural. Plus de 8000 tonnes de métal avaient été utilisées pour ce chantier pharaonique, bien plus que la Tour Eiffel. Le Palais avait été construit en deux ans, et plus de 1500 ouvriers y avaient travaillé. Ces chiffres lui faisaient tourner la tête. Il ferma les yeux et regarda en face de lui. La nef était occupée par une exposition d’œuvres d’art contemporaines. Des peintures, des sculptures remplissaient l’espace. Mais il n’était pas venu pour cela. Regardant une dernière fois la verrière, il partit. Cette journée était magique sur tous les points. Jamais aucun bâtiment n’avait été illuminé à ce point. La nuit tombait et il n’était toujours pas de retour au Palais de l’Electricité. Il jeta un dernier regard sur le Grand Palais et constata avec plaisir que des lumières s’étaient allumées. Elles étaient à l’intérieur mais éclairaient la verrière de façon étrange. On voyait des zones d’ombres se mouvoir, des reflets apparaître.
Franchissant une nouvelle fois le pont Alexandre III, il se dirigea vers le champ de Mars. À son grand étonnement, une foule incroyable s’était rassemblée devant le palais, attendant la grande illumination. Pierre prit donc une rue annexe et rentra dans la Palais à présent presque vide. Seules quelques personnalités de Paris s’y trouvaient. Lorsqu’il arriva à leur niveau, il voulu faire un sourire, les saluer, mais son directeur se retourna et lui lança un regard chargé du colère.

« Où étiez-vous donc ? Nous avons cru que vous ne viendriez plus ! Allez ! Montez vite ! Paris s’impatiente ! »

Pierre se précipita alors vers l’escalier, montant les marches quatre à quatre. Il arriva en haut tout essoufflé. Il prit quelques secondes pour respirer, puis il se releva et remit en place ses habits.
Le technicien lui fit signe et il se présenta sur la plate-forme. Un tonnerre d’applaudissement retentit. Les lumières du quartier s’éteignirent petit à petit, puis tout Paris se retrouva plongé dans le noir. Une lumière puissante, provenant du premier étage de la Tour Eiffel l’illumina. Il prit le microphone accroché à la rambarde et commença le discours qu’il avait apprit. Il parla des détails techniques, des difficultés rencontrées, remercia certaines personnes et annonça finalement le grand moment. Le silence fut total et l’obscurité aussi. Les organisateurs avaient choisi une nuit de nouvelle Lune pour l’illumination, que rêver de mieux !
La tension fut à son comble. Tous les regards étaient tournés vers lui et des gouttes de sueur perlaient à son front. Il appuya finalement sur la bouton, retenant sa respiration.
Il y eut un grand flash, sûrement provoqué par l’arrivée massive d’électricité, qui tira un grand cri de surprise de la foule. La lumière devint ensuite plus faible et tous purent admirer la beauté des milliers de lampions qui illuminaient le palais. Au même instant, le château d’eau se mit en marche à l’entrée du Palais, créant un véritable spectacle féerique. Bien qu’il fasse nuit, les lumières créaient un véritable arc-en-ciel grâce à la fontaine. Une multitude de couleurs fit son apparition, éclairant le ciel noir de Paris de rouge, de bleu, de verts, de jaune. L’occasion avait été préparée, toute la ville pouvait admirer ce somptueux spectacle de n’importe où. Bien sûr, quelques lampes avaient dû sauter sous l’intensité du courant, mais ce n’était rien comparé à l’émerveillement de la foule. Après des cris de stupeur et d’émerveillement, des cris de joie accompagnés d’applaudissement nourris. Pierre était l’homme le plus heureux de cette soirée. Il redescendit les escaliers et fut applaudi par tous les gens qui étaient autour de lui. Il n’avait jamais put toucher la gloire à ce point. C’était l’apogée de sa carrière. Il était si heureux qu’il n’entendit pas le cri. Une violente douleur se fit ressentir dans son ventre. Tout devint flou et ce fut la chute. Une longue et terrible chute, dans le noir complet.


Paris, 1900. En ce quatorze avril, une légère brume s’était abattue sur la ville. Pierre était réveillé depuis une heure, déjà. Le rêve de la veille l’avait bien fait réfléchir, il serait plus prudent. Il était accoudé à la fenêtre, respirant l’air encore sain de la capitale. Du haut de son cinquième étage, il pouvait apercevoir les derniers préparatifs de l’Exposition. Aujourd’hui serait une rude journée. Il se releva et ferma sa fenêtre. Il faisait bien froid en ce mois d’avril. Il alluma le petit poêle et s’habilla. Il avait, pour l’occasion, loué un habit noir en queue de pie, et un jabot. En dessous, il mit une chemise blanche et son pantalon noir. Regardant une dernière fois la Tour avant qu’elle ne disparaisse derrière une épaisse fumée noire, il repensa aux bons moments passés sur le chantier. Il se sentait différent par rapport aux jours précédents. Ce rêve lui avait semblé si réel qu’il n’en revenait pas. Reprenant ses esprits, il passa le pas de la porte, prêt pour une journée riche en curiosités.
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MessageSujet: Re: Recueil de Thalek (divers)   Mer 10 Oct - 22:29

Et pour finir, voici trois poèmes écris à l'occasion du printemps des poètes de l'année dernière (qui m'a valu au passage le premier prix hihi...), sur le thème des "traces". Je les met entre vos mains, juges impartiaux.

Le Clocher des Abysses
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Sur les traces de l'hiver
Spoiler:
 

Perle d'Alcool
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Recueil de Thalek (divers)   Jeu 11 Oct - 23:14

Un petit texte écrit aussi, d'après la consigne à la manière de Zola. On remarquera pourtant ici que le texte est axé sur le "rêve" et le changement des matières au détriment de la multitude de détails...

~~~~~~~~~~~~


Lorsque Jeanne posa ses yeux emplis de curiosité sur la fenêtre du musée, elle ne se doutait pas que quelques minutes plus tard, elle se retrouverait à l’intérieur. L’ombre de sa tête d’enfant était projetée sur le parquet de la salle vide, éclipse de soleil dans cette matinée d’été.
Les minutes passèrent et le reste du corps de la jeune fille se retrouva dans la salle du musée. À ses pieds, une vallée de tableaux faite de creux et de bosses, s’ouvrait devant elle. Les verts et les marrons lui sautaient aux yeux, lui laissant le loisir de s’imaginer dans une prairie. Les cadres brillaient de tous leurs feux, tels des soleils se levant sur la crête des montagnes. La petite fille émerveillée continuait de vagabonder entre les tableaux de peintres inconnus, lui rappelant pour certains un Renoir, pour d’autres un Cézanne. Sortant de cette prairie verdoyante aux reflets d’émeraude et d’agate, elle se retrouva plongée, en pleine fournaise, dans une galerie aux teintes rouges orangées. Ces couleurs lui donnaient chaud, elle en ouvrit son col. Les couleurs lui assaillaient les yeux, la peau, l’attirant partout. C’était un brasier, une fournaise, un volcan. Ces tableaux aux couleurs de l’été, comme Van Gog en avait souvent fait, sentaient la paille et résonnaient du bruit des cigales. Jeanne aurait voulu rester là plus longtemps, mais ses pieds, attirés par quelques curiosités colorées, continuaient d’avancer. Le regard de la jeune fille se porta alors sur une toile, une seule. Celle-ci était d’un bleu, le plus pur qui ne lui ait jamais été donné de voir. Il n’y avait rien d’autre sur ce tableau que cette couleur bleue, un bleu de nuit qui aspirait tout, et prenait toute son importance, même au milieu de couleurs chaudes. C’était un gouffre rempli de ténèbres au milieu de cette fournaise en pleine activité. Ce tableau lui donna froid dans le dos, il cachait quelque chose.
Un peu plus loin, une série de tableaux aux couleurs froides et teintées de verts, bleus et gris, lui rappela la ville dans laquelle elle était. Elle pouvait voir la vapeur sortir d’une toile de Monet, le bruit de la gare, de la foule, cette activité qui rendait tout flou et tourbillonnait autour de la jeune fille. Le vert-de-gris y était roi, ainsi que les bleus azur et les gris perle des nuages. Juste à côté s’élevait un amoncellement de tableaux, un monceau d’œuvre. Cette montagne, dont on ne voyait que les cadres, brillait et semblait faite d’or. Jeanne se demanda comment on pouvait traiter des tableaux de telle sorte. Mais elle n’y pouvait rien, le tas était trop haut pour elle. Elle abandonna donc l’escalade de la colline et resta dans la plaine colorée du musée.
Sur l’un des murs étaient posés l’un après l’autre, les Cathédrales de Monet. Ces changements de couleurs pour une même place intéressèrent au plus haut point la jeune fille qui s’y attarda plus longtemps qu’avant. C’était comme un rideau de pluie jaune, vert, bleue ou encore rouge ou bien rosé, qui s’abattait devant la toile, donnant différentes expressions à cette cathédrale quasi vivante. Elle ne savait plus laquelle regarder, laquelle lui plaisait le plus, laquelle était la plus colorée, laquelle, laquelle, laquelle…

Un bruit de pas se fit entendre, sortant la jeune fille de ses pensées. Elle prit peur et, sans un regard vers cette galerie magique, elle s’enfuit de la salle, la tête pleine d’images et de couleurs diverses et variées.
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MessageSujet: Re: Recueil de Thalek (divers)   Sam 13 Oct - 17:04

Un mini-texte d'invention...d'après Les Caractères, de La Bruyère.

~~~~~~~~~~


Le collectionneur de livres nous apprend que ses précieux ouvrages sont le meilleur moyen de s’instruire. Lorsqu’on le rencontre dans la rue, au hasard d’une de ses rares sorties, il nous fait comprendre par son apparence et ses discours qu’il possède une bibliothèque. Et quelle bibliothèque ! Dès l’entrée, une odeur de cuir noir, dont les livres sont tous recouverts, attaque les narines du pauvre visiteur. Celui-ci en est tout secoué et n’entend plus le propriétaire vanter les mérites de ses livres. Les uns possédant des dorures, les autres étant de la meilleure édition. Ici, tous ont une reliure à la Bradel ; là bas, ce sera plutôt à structure tressée. Animé de cette violente émotion qui nous prends lorsqu’un invité s’intéresse aux objets de notre plaisir, le collectionneur nous met dans les mains des ouvrages dont il connaît tout des reliures… à coutures apparentes, à deux aiguillées ou encore à plats rapportés.
Le collectionneur connaît tous ses livres, il nomme les meilleurs, l’un après l’autre. Ceux-ci sont si bien rangés qu’ils donnent l’impression de ne jamais avoir été touchés, mis à part quelques volumes empruntés, posés soigneusement sur une table, bien en vue. Tout s’éclaircit lorsqu’il avoue ne jamais les avoir lu, et même, ne jamais être venu dans cette galerie, chose qu’il fait à ce moment même pour nous faire plaisir.
L’emploi du temps du collectionneur est bien simple. Chaque lundi, de bon matin, il part à la bibliothèque emprunter quelques livres rares. Arrivé chez lui, il ne les touche guère, c’est pour donner bonne impression aux dames de bonne compagnies qui le complimentent sur ses dernières lectures. Puis en fin de semaine, il repart rendre ses livres, dont les pages n’ont pas eut le plaisir d’être touchées. Ainsi, il passe pour un homme fort instruit, bon lecteur et à l’esprit critique.
Cet homme aura passé sa vie à voir des couvertures de livres, sans jamais avoir la curiosité de les ouvrir et de se cultiver. Certains livres, les plus précieux sans doute, auront séjourné chez lui, au grand dam des érudits, bouleversés pendant quelques jours, désespérés de ne plus retrouver leurs livres.
Et que pourras-t-il bien répondre lorsque l’un de ses amis, à l’esprit fort instruit, lui posera une question sur ces écrits ?
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MessageSujet: Re: Recueil de Thalek (divers)   Dim 14 Oct - 16:21

Le titre n'était pas bien, je l'ai renommé n_n

Hommage aux Cascades
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Rêve
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MessageSujet: Re: Recueil de Thalek (divers)   Mer 2 Jan - 22:52

Je ne pensais pas que je l'allimenterai un jour, mais si ! n_n
Voilà un petit conte de Noël que j'ai fait pour un concours.

« Allez, dépêchez-vous ! Moins on y mettra de temps, plus vite on sera de retour à l’intérieur ! »

Grommelant et renfrogné, Kyle se dirigeait d’un pas toujours lent derrière le serre, près du petit potager où s’était retrouvée la classe. Dehors, la pluie avait redoublé d’intensité et ni manteaux, ni écharpes en laine, ni un gants triple épaisseur ne purent empêcher l’eau de s’infiltrer et le froid de les gagner.

« Regardez bien les petits boutons à l’embranchement, ils sont appelés bourgeons axillaires et… »

Kyle n’écoutait plus ce que le professeur racontait. Il ne voyait plus rien à travers se lunettes, ses cheveux lui collaient au front et pour tout dire, cela ne l’intéressait pas vraiment. Au-delà de ses lunettes, rien en Kyle ne pouvait l’associer à un bon élève. Calme, ce n’était pas le problème, il l’était. Et peut être un peu trop au goût de certaines personnes. « Investit toi ! » lui répétait inlassablement sa professeur de littérature ; « Aide moi un peu et lâche se bouquin ! » lui lançait chaque jour sa mère, dans l’espoir qu’il quitte sa chambre pour autre chose que le repas. Tout ce qu’ils recevaient, c’était un regard morne et ennuyé, avant d’être complètement oubliés.

Il leva sa tête, jetant un regard furtif vers le ciel. Les nuages, d’un gris uniforme, ne semblaient pas avoir l’intention de bouger. Il reçut une tape sur le crâne qui l’obligea à revenir au niveau terrestre, cherchant à savoir qui lui avait fait ça. Une jeune fille, Mathilde, s’il se souvenait bien, le regardait avec un rictus moqueur.


« Tu ferais bien de suivre au lieu de rêver. Toi qui n’aimes pas être à l’intérieur, profite. »

Et c’était vrai. Il tenait les salles de classe en horreur et cette escapade organisée lui faisait le plus grand bien. Raison de plus pour ne pas écouter. L’ignorant complètement, il partit en sens inverse vers le petit bassin qui abritait quelques carpes. Les poissons devaient être cachés dans les profondeurs car il n’en vit aucun. On n’entendait que le clapotis de l’eau et le mouvement à la surface faisait vaciller dangereusement les feuilles de lotus qui avaient réussi à survivre dans leur région. Il était presque certain qu’on leur avait jeté un sort de concentration solaire. La botanique n’était décidément pas son fort.


***

« Magnifique ! »

C’était tout juste. À peine avait-elle eut le temps de placer le dernier accessoire que la sonnerie retentissait dans l’établissement, bientôt submergée par le grondement assourdissant des raclements de chaises et des pas des élèves pressés. Elle ne resta cependant pas seul très longtemps, rejoint par sa meilleure amie, Sophie.

« Wouah ! Elle est vraiment superbe ! Quelle chance tu as eut d’avoir raté le cours d’histoire ! Dorovsky a passé un quart d’heure à nous faire des recommandations pour l’examen. »

Elle lui lança un sourire amusé. Toujours de bonne humeur, sa Sophie. Oui, en effet elle avait eut de la chance. En même temps, tout le monde aurait put y accéder, il fallait juste se présenter au concours… Mais avec les vacances de Noël approchant, les gens semblaient soudainement occupés par on ne savait quoi. À croire que la réalisation de crèche fait fuir.

On lui avait conseillé de l’installer dans le hall d’entrée, pour qu’elle soit vue de tous. Elle n’avait pas trop envie de l’abandonner, mais elle ne put résister aux mains de son amie qui la tiraient vers la cour Ovale, rejoindre leurs camarades, tandis qu’une classe passait par la grande porte, mouillée et frigorifiée, de retour du jardin.



***

« Raah…enfin parties ! Je croyais qu’elle n’allait jamais arrête de me tripoter !
- Oh, Jo’, tu exagères : On est là pour l’occasion, autant faire bonne figure.
- Ouais, ouais, je sais ! Mais quand même, tu l’as remarqué ! Je suis si peu présent qu’on ne sait jamais où me mettre ! Un coup par-ci, un coup par là ! Je vais finir par perdre mes couleurs !...Et fait moi taire ce mioche ! Quelle idée de le mettre dans un lit de paille, je vous jure.
- Pff…toujours là pour te faire remarquer. Contente toi un peu de ce qu’on t’offre… »



***

Il était resté là, prostré, devant cette crèche. Sans savoir pourquoi elle lui avait tapé dans l’œil, sans être particulièrement exceptionnelle. C’était une crèche aux proportions acceptables, du plus pur style classique : une étable au vieilles poutres poussiéreuses, un âne à la belle robe grise, deux jument de trait, un mouton à la laine grasse et profonde, un beau bébé bien grassouillet allongé dans son berceau, entouré de ses parents, émus et souriants. Franchement, il n’y avait rien à redire. Mise à part peut être le visage du bébé, déformé par les pleurs, celui de ses parents, semblable à celui de la colère conjugale, où encore le concert de braiement, de hennissements et de bêlements que Kyle entendait parfaitement d’où il se trouvait. Le visage encore ruisselant de pluie, il enleva son écharpe trempée et laissa échapper un souffle vaporeux. La cloche de la reprise des cours retentit tandis qu’il essayait de détacher son regard de la crèche.

« Elle te plaît ? »

Il sursauta. Il n’avait entendu personne arriver, pas même le « je te rejoins » qu’elle avait lancé à Sophie.

« Je…euh…oui. Elle me plaît beaucoup.
- Merci…Tu m’aides à la mettre dehors ? Mme Meutler veut que je la place devant l’entrée, sous l’auvent. »


D’un mouvement vif, il hocha sa tête positivement et se rapprocha de la crèche. Les êtres qui la peuplaient semblaient s’être tus à l’arrivée de la jeune fille. Peut être était-ce un tour de son imagination, mais pendant le trajet il sentit le regard de la jeune femme penchée au dessus du berceau.

Dehors, il s’était arrêté de pleuvoir, mais le ciel était toujours gris et menaçant. Ils posèrent le tout sur une table préalablement aménagée et reculèrent pour admirer le résultat. La faible lumière qui parvenait à traverser les nuages offrait une vision assez étrange de la crèche. Des formes mouvantes étaient apparues et de grandes ombres se projetaient sur le fond de l’étable.

Juste à cet instant, il se mit à neiger, ce qui rendit la scène encore plus merveilleuse, plus étrange. Le premier flocon était tombé sur le nez de la jeune fille, provoquant en elle une série de gloussements étouffés. Même Kyle ne put s’empêcher de sourire.

Un léger coup de vent envoyer quelques flocons sur le toit de la crèche. C’était la touche finale.


« Au fait, je m’appelle Emma. »
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